Be_A translator

And a happy one!

Pour lire ce billet en musique : Yann Tiersen « Atlantique Nord »

Plaît-il ?

Communication, passion-vocation, culture(s), réflexion(s), etc. Aussi. Surtout. La traductrice est à son affaire.

N’en déplaise aux plaisantins des grands groupes de la traduction industrielle qui voudraient faire de nous des gratte-clavier(s), des robots, voire les deux. Dans cet environnement au travail un tant soit peu virtuel et sur fond d’économie en berne, je ne me laisserai pas berner ! Il ne tient qu’à moi de redonner à mon métier toutes ses lettres de noblesse.

J’y tiens.

C’est vrai, j’y tiens à mon métier. Il est passionnant. Mais voilà, souvent jusqu’à trop en fairepas d’heure. Ou jusqu’à en perdre son latin dans un pendule déconcertant entre pleins et vides, motivation et découragement… Le multitraitement aurait tendance à faire de nous des « tâcherons »… Tentée parfois de battre en brèche, j’ai besoin à l’occasion de sortir des claviers battus. Nos collègues habitués des missions sur site ou interprètes se téléportent davantage et ressentiront moins ce besoin. Pour les plus sédentaires, il ne faudrait quand même pas ne faire que du sur place.

Alors dans la traduction de plaisance, il y a forcément le plaisir.

Prendre du plaisir. Faire comprendre. Faire qu’on se fasse comprendre. Faire passer. Faciliter en quelque sorte. Faire naître un dialogue, des échanges. Éventuellement des sourires. Faire plaisir.

Vous souriez ? Alors vous me comprenez ?

Quelques exemples personnels :

  • Traduction-interprétation bénévole lors du Festival de cinéma de Douarnenez où la Galice, le Pays Basque et la Catalogne étaient à l’affiche : pour la présentation d’un film, pour un débat sociolinguistique, pour permettre le dialogue et le débat entre un réalisateur et le public, entre un écrivain et son public. L’occasion aussi de belles rencontres (quand on va au bout de la terre, on rencontre forcément Les mots nomades) ;Plaisance2
  • Traductions pour une fondation ou une ONG, à des tarifs un peu inférieurs à mes tarifs habituels, mais en toute connaissance de cause ;
  • Traduction de résumés d’articles d’amies thésardes, désormais docteures (socio, histoire, etc.) ;
  • Traductions personnelles/lyriques (discours d’un parent à l’occasion d’une cérémonie multilingue) ;
  • Traductions « entre deux autres », souvent sur mon temps libre, pour dépanner des collègues-collaborateurs-amis avec qui j’aime travailler. Non, je ne suis pas un super héros ; je suis surtout très atteinte ! ;
  • Traduction du résumé en français du site web de mon festival de courts-métrages préféré. NB : quelques coquilles n’ont pas été coupées au montage — parce qu’elles ne sauraient vous échapper — et j’attends impatiemment que ce soit rétabli) ;
  • Traduction d’un documentaire d’auteur en lien avec ce festival : un road mo-vie avec de vrais figurants dont j’espère vous parler bientôt…

Tout ça à l’évidence sans prétendre renier projets et clients habituels. C’est qu’il est des projets — dans la mesure où ils ne se présentent qu’une seule fois — difficiles à refuser. Alors on leur fait de la place. On parvient à les concilier avec des dossiers fonctionnels et réguliers. Ou alors on fait carrément du favoritisme. On bloque les compteurs. On se paye ce luxe. On en informe aimablement ses clients. De fait, ce n’est pas eux qu’on veut envoyer balader ; c’est nous.

Pourvu qu’il m’en plaise. De temps en temps, traduire juste pour se faire plaisir.

Et puis, il arrive aussi que ce métier ne soit pas éprouvant du tout. Il y aurait une certaine assurance, une certaine facilité, un effort moins soutenu. Enfin, tout cela vaut d’être nuancé. Même pour s’amuser, on aime se creuser le ciboulot

De grâce.

En extrapolant :

  • Traduction lente (par exemple, en réduisant son volume quotidien ou hebdomadaire de moitié, pour pouvoir traduire un peu moins, et donc encore mieux) ;Plaisance3
  • Traduction sur papier et/ou avec ouvrages papier ;
  • Traduction « déconnectée » pour favoriser la concentration et l’attention (et au risque de ne plus être une traductrice branchée) ;
  • Traduction en spectateur, voire en visiteur ou traduction ludique : assister à une rencontre organisée par une association de traducteurs (celle de l’Asetrad en Navarre cet automne #AsetradTudela ou une Matinale de la SFT un samedi matin lors d’un passage à Paris) ; à d’autres rassemblements : entre professionnels freelance (café des freelances) ou en lien avec les langues (par exemple, Lenguando pour l’espagnol, dont la dernière édition s’est tenue le week-end dernier à La Rioja #riojando. La prochaine aura lieu à… Vigo, donc chez moi !). Il y a aussi les réunions informelles et amicales entre collègues (#tratuit et autres, sans étiquette d’ailleurs ;-)) ;
  • Traduction en réflexion : s’arrêter, réfléchir, tenter de rattraper ces lectures d’articles en attente, faire mûrir une idée de billet, d’article, écrire dans mon blog et jouer avec les mots juste pour se faire plaisir, et faire sourire quelques collègues… (Ah, vous voyez !) ;
  • Traduction en formation : celles directement liées à mon cœur de métier (UETF) ou pas, mais il y a tellement à apprendre.
  • Traduction de bonne volonté, impliquée, par exemple, dans l’activité et la vie d’une association professionnelle. Pour apporter un petit quelque chose. Pour travailler en équipe. Parce qu’on a tout autant besoin d’une telle structure pour voir la profession avancer que celle-ci a besoin de bonnes volontés.

Dans la traduction de plaisance, il y aurait donc aussi une certaine aisance.

Ce qui ne veut pas toujours dire vivre dans l’aisance… Mais c’est aussi un choix : travailler moins pour gagner… finalement beaucoup plus !

En somme, ce serait reconquérir une liberté.

Et on trouverait même un rythme de croisière. Pas forcément mémère, mais coulant, sans heurts. On voguerait alors au fil de l’eau, au fil du temps, au fil des mots… En douceur. La traduction et la relecture peuvent être aussi une chanson douce.

On ferait la traduction buissonnière en quelque sorte… mais sans pavillon de complaisance, dans les règles de l’art et le respect de la déontologie de la profession.

Traduire, comme naviguer, pour le plaisir aussi et avec aisance.

On naviguerait en solitaire ou avec un équi-page, sous l’allure des mots. Toutes voiles dehors. On prendrait aussi des risques, parfois à l’aveuglette, dans les méandres et entre les écueils de la profession (contre vents et marées)…

Je ne renie ni mon parcours ni un domaine de spécialisation qui me semble intéressant, voire passionnant. Et je ne renoncerais ni à mes clients ni au milieu professionnel dans lequel j’évolue. J’aime aussi beaucoup ce que je fais. Mais à moi d’évoluer justement. Et évoluer justement, c’est-à-dire de manière juste, c’est continuer à (et savoir comment) me faire plaisir, aussi.

Bien sûr, pour me « vendre » comme prestataire de services et me maintenir à flot dans une conjoncture tendue, je ne peux pas faire de la traduction en touriste, être un simple amateur et faire avec les moyens du bord. Néanmoins, je suis aussi, et surtout, amatrice de traduction. Tous les prétextes sont bons. J’aime traduire. En tout temps. En tout lieu.

Et c’est la marque cardinale pour poursuivre ma mission de façon sensée, en virtueuse.

Pour garder le cap sur ma vocation.

Plaisance4

La traduction de plaisance, ce serait ça aussi :

De temps en temps, pouvoir/savoir mettre les voiles. Puis voir la traductrice (et, avec elle, la traduction) rentrer à bon port…

 

PS : ce billet est dédié à tous mes collègues, et tout spécialement à ceux d’entre eux devenus des amis (et ils sont nombreux !).

On est sur le même bateau depuis des années et, croyez-moi, c’est un plaisir…

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Un été.

En repos. En famille.

À la radio, des rediffs. J’en profite également pour lire.

Lire, lire, lire.

Relire aussi.

« Relecture » donc dans son sens initial. Sans déformation professionnelle. Sans chercher à corriger, à reformuler ou à ponctuer à nouveau un texte.

Relire, non pour traquer les imprécisions ou les maladresses, mais pour suivre la trace d’un auteur ou de personnages. Pour se plonger dans un univers. Pour en avoir plein la tête tout en faisant le vide. Pour s’évader.

Les mots en partance. Les mots en vacances. Les mots des livres qui délivrent.

 

Relire.-

 

Des studieux. Des classiques. Des désormais classiques.

Des ludiques, ou amosants.

Comme les aventures de deux enfants qui grandissent au pays de la grammaire et autres règles d´écriture, contées par Erik Orsenna. Car La grammaire est une chanson douce et on se laisse vite entraîner par le rythme de sa plume. Des airs de jolie balade aux pays des mots.

La série est désormais close, mais peut encore éclore, telle une rengaine qu’on se prend à fredonner.

Je reprends un livre sur l’étagère.

Pour arriver à destination, je monte les étages, je refais tout le voyage.

J’aime bien ce que cet auteur fabrique.

 

Morceaux choisis :

« Il ne supporte pas notre passion pour les mots. Un jour, je l’ai rencontré. Voici ce qu’il m’a dit.  » Tous les mots sont des outils. Ni plus ni moins. Des outils de communication. Comme les voitures. Des outils techniques, des outils utiles. Quelle idée de les adorer comme des dieux ! Est-ce qu’on adore un marteau ou des tenailles ? D’ailleurs, les mots sont trop nombreux. De gré ou de force, je les réduirai à cinq cents, six cents, le strict nécessaire. On perd le sens du travail quand on a trop de mots. (…)  » »

Erik Orsenna, La grammaire est une chanson douce, éd. Livre de poche, p. 67

« Beaucoup pensent comme lui, surtout les hommes d’affaires, les banquiers, les économistes. La diversité des langues les gêne pour leur trafic : ils détestent devoir payer des traducteurs. »

Erik Orsenna, La grammaire est une chanson douce, éd. Livre de poche, p. 68

Sourires.

 

Un été.

Puis deux.

Deux étés. Le même auteur. Une autre île. Et un traducteur.

Celui qui était jusqu’ici mon blog est menacé depuis quelque temps de bogue (un effondrement sans préavis n’étant pas à écarter). Après bien des hésitations, j’ai finalement décidé de ravaler mes larmes et… la façade.

Même si je compte bien garder le même ton, l’idée est de donner à ce carnet d’autres couleurs, ou plutôt d’en redéfinir les valeurs. Après une période noirâtre, je voudrais y faire entrer davantage de lumière, laisser certaines nuances dans la chambre noire et développer la pellicule dans un style plus joyeux… Cette remise en forme devrait donc accompagner les changements de fond qui se mettent en place. Si, si.

Il n’y a pas photo, j’espère obtenir un rendu plus net et projeter une image plus colorée. Pourvu que ce blog retouché fasse bonne impression, et que mes lecteurs restent sur une note positive !

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